Tous les sujets

Manger trop peu : le déficit énergétique relatif chez le coureur

Mis à jour le 21 août 2026

Le sujet le plus important de ce blog, et le moins raconté. Quand ce qu'on mange ne couvre plus ce qu'on dépense, ce n'est pas la performance qui décroche en premier — c'est l'os, l'hormone et l'immunité.

Cet article décrit un syndrome médical reconnu. Il n'est ni un outil de diagnostic ni un substitut à une consultation. Si tu te reconnais dans plusieurs des signes décrits, parle-en à un médecin ou à un diététicien du sport — et si le rapport à l'alimentation est source de souffrance, à un professionnel de santé mentale.

De quoi on parle

Le Comité international olympique publie depuis 2014 un consensus sur ce qu'il appelle aujourd'hui les REDs — Relative Energy Deficiency in Sport. Sa version 2023 est la référence actuelle, et elle est explicite : le problème n'est pas le poids, c'est la DISPONIBILITÉ ÉNERGÉTIQUE.

La disponibilité énergétique, c'est ce qu'il reste à l'organisme pour vivre une fois l'entraînement payé. Un coureur peut manger beaucoup et être en déficit s'il s'entraîne davantage ; un autre peut manger peu et aller bien s'il court peu. Le chiffre sur la balance ne dit rien de tout cela.

C'est pourquoi le syndrome touche aussi des hommes, et des athlètes de poids parfaitement ordinaire. L'image du coureur maigre est une image, pas un critère.

Ce que ça abîme, dans l'ordre

Le corps ne s'arrête pas d'un coup : il coupe des fonctions par ordre de priorité, et la performance n'est pas la première sacrifiée. Le consensus du CIO décrit une atteinte de multiples systèmes.

L'os d'abord, et c'est le plus coûteux : la densité minérale se dégrade, et les fractures de fatigue arrivent. Une fracture de fatigue à répétition chez un coureur par ailleurs sérieux doit faire poser la question de l'apport, pas seulement celle du volume.

Les hormones ensuite. Chez la femme, l'aménorrhée — l'arrêt des règles — est le signe le plus visible, et il n'est jamais normal chez une sportive. Chez l'homme, la baisse de testostérone est plus silencieuse mais pas moins réelle.

Puis l'immunité, le sommeil, l'humeur, la capacité à récupérer. À ce stade, l'athlète s'entraîne toujours autant et progresse de moins en moins — et sa conclusion habituelle est qu'il n'en fait pas assez.

Les signes qui doivent alerter

Une stagnation ou une régression malgré un entraînement maintenu. Des blessures osseuses répétées. Une frilosité inhabituelle. Un sommeil qui se dégrade sans cause. Une libido en berne. Chez la femme, des règles irrégulières ou absentes.

Aucun de ces signes ne prouve quoi que ce soit isolément — ils ont tous d'autres causes possibles. C'est leur ACCUMULATION chez quelqu'un qui s'entraîne beaucoup et mange peu qui doit conduire à consulter.

Un piège fréquent : la variabilité cardiaque et la fréquence cardiaque au repos peuvent rester longtemps correctes. Une montre ne détecte pas ce syndrome, et l'absence d'alerte sur un tableau de bord ne vaut pas un feu vert.

Le cas particulier de la perte de poids voulue

Vouloir perdre du poids en courant est légitime, et beaucoup le font sans problème. Le risque n'apparaît pas avec l'intention mais avec le RYTHME : c'est un déficit trop grand, tenu trop longtemps, en même temps qu'une charge d'entraînement qui monte, qui bascule dans les REDs.

D'où deux règles simples. Un déficit se creuse lentement, et jamais pendant un bloc d'entraînement dur ou juste avant une course. Et il existe un plancher en dessous duquel perdre encore n'apporte rien à la performance et coûte à la santé.

Ce que Pacevo fait de ce sujet

Le mode perte de poids de l'app est construit sur cette logique plutôt que sur la seule vitesse de perte. Le déficit quotidien est plafonné, la perte visée est bornée en pourcentage du poids par semaine, et le calcul s'arrête à un plancher — le maintien est imposé en dessous d'un indice de masse corporelle de 21.

Le suivi du poids, celui de la dépense et celui des protéines sont séparés du déficit lui-même, pour qu'un athlète puisse se peser sans que cela déclenche mécaniquement une restriction.

Rien de tout cela ne remplace un professionnel. Ce que le logiciel peut faire, c'est refuser de proposer ce qui serait déraisonnable — et c'est déjà beaucoup, parce que le premier réflexe d'un coureur frustré est d'en faire plus et de manger moins.

Ce que le consensus du CIO appelle les REDs : quand l'apport ne couvre plus l'entraînement, ce que ça abîme, et les signes qui doivent alerter.

Créer mon compte